C’est la pierre qui t’appelle

Drônes, voitures, cigarettes, c’est la pierre qui t’appelle.

La lumière se reflète sur les sacs plastiques, elle n’en demeure pas moins lumière; mon chien gratte le bitume, il n’en demeure pas moins chien; l’oiseau se perche sur le fil électrique, il n’en demeure pas moins oiseau. La pierre ne triomphera que de l’homme.

L’homme toujours cède à la pierre. Dans la sagesse, dans la foi, dans le dépassement de la pierre, c’est la pierre encore qui l’appelle. Ce ne sont pas les mots qui sont gravés dans la pierre, c’est la pierre qui avec les mots ensorcelle. Ce ne sont pas les divinités qui sont adorées, c’est les mains du sculpteur, l’au-delà du croyant qu’attire la pierre. Le drapeau sur la lune n’est pas le signe de la conquête mais de l’allégeance. Sur Mars, dans l’univers, l’homme ne cherche pas la vie, il la chasse. Il sert la pierre.

Un jour, mon corps, tu produiras plus de beauté que ma vie. Aujourd’hui, je promène mon chien.

L’offrande

La page blanche est l’amie, accueil en silence, s’y rouler comme dans la neige, des mots sans gadoue, des empreintes, non des marques, un moule de cristaux et non de fer. Dans sa délicatesse, on dépose ses armes, son inutile. Son corps, son histoire, les images sans lumière, tout est laissé. Pure offrande de l’ombre.

Gris

Je marche. Je sélectionne le bleu, et tous les bleus m’apparaissent, même le ciel. Je marche, je sélectionne le rouge, et tous les rouges m’apparaissent, même les feux se mettent au diapason. Je sélectionne le vert, et les verts m’apparaissent; les jaunes; les oranges; même les mauves, les violets. Pratiquement aucun rose. Mais si je sélectionne les gris, mon regard glisse et je me noie. Il faut rentrer chez soi pour les domestiquer.

Trahir le vent

Je devrais couper la musique, poser mon livre, écouter le langage du vent. Dix jours qu’il se manifeste à ma fenêtre, fait trembler les stores comme un chanteur sa glotte, je sais qu’il secoue les arbres, resserre les manteau, fait danser les papiers et les lames dangereusement par les rues et les jambes, mais que son message, à ma fenêtre seule il le délivre. Moi, incapable de me lever de mon humanité pour lui prêter l’oreille, analyser ses rythmes, ses intonations, deviner sa grammaire, pardonne-moi vent menaçant, demande à ta sœur l’écriture: je préfère le confort assassin.

Le miroir de la salle de bain s’est arrêté

Elle a laissé un mot. Bonjour, je sors avec les garçons. Rien qui ne laisse deviner où elle sera, ce qu’elle fera, ressentira. Il n’y a pas de mystère, je ne suis pas mystérieuse, il y a ce que tu sais: nous ne sommes pas là, si nous ne sommes pas là, c’est que nous sommes ensemble sans toi, tu n’as pas à te soucier de où sont les garçons, ils sont avec moi, les garçons, moi, nous ne sommes pas là, cela tu le sais, si tu regardes autour de toi, nous ne sommes pas là, je te confirme ce que tu vois, tu n’as donc pas à chercher, ces six mots, c’est la réalité, il n’y a pas d’autres sens pour toi à cette réalité.

Tout à coup

Tout à coup. Tout à coup.  Tout à coup. Tout à coup! Tout à coup. Tout à coup… Tout à coup tout à coup. Tout a cou? Tout tas coud? Tout à-coup? Tout à  coup! Tout. A. Coup.
Assis, par terre, à côté.
Un chemin se dessine. Le train est déjà parti. Il existe une voie secondaire. Un passage secret. Mais il est trop tard encore une fois, il va falloir bifurquer. Mille embranchements, un seul est mauvais, l’emprunter à toute vitesse, renverser quelque chose, la lumière, le temps, le passé, les souvenirs et puis un immense vide à l’arrivée. Il va falloir courir encore.
Toutou, tacot, catho, caca, coucou, coco, tata, coucou Tata! Août ou Pâques? Tout, à tout coups. Pas tout coûta, tout atout coupa. Tatoo 2pac too. (Tout à coup, Act two)
Se tenir caché. Ni rire, ni respirer.
Une pente glissante, rampe de parking qui n’en finit pas, la pente glisse, la pente nous échappe, la lumière s’enfonce perpétuellement dans l’obscurité
Toutacoutoutoutoutacoucatatoutacoucoutatacoutacoucacatoutacoutoutoutoutacoucoutoutacoutoutacoutoutacou
Complices. Sans un mot.
Et tout à coup l’âme jumelle est emportée par le surplace, on est sauf dans la voiture, à toute vitesse, on n’est pas saint, elle est sur place
Tout à coup, coucou caca. Tout acte a coût, toutou, tout. Tout à coup Tata, toutou
Tout
Rien
Tout à coup
Tout à coup
Coups